*En famille*

Chambre partagée = cododo ?

Quand Monsieur Bébé est né, il était évident pour nous que les 1ers jours après la sortie de la maternité il dormirait près de nous. On avait donc préparé ça en installant son lit tout près du notre.

Les 1ers jours, il a dormi tranquillement dans son coconababy (génial ce truc) posé dans son lit à barreau. Mais étant donné que les choses ne se passent jamais comme on l’avait prévu – surtout avec les enfants – très vite Monsieur Bébé a rejoint notre lit.

10 jours après sa naissance, il a commencé à souffrir de reflux qui le gênaient beaucoup la nuit, en position allongé. Pour le soulager – et me sauver quelques heures de repos – on l’a donc naturellement installé entre nous bien calé dans son coussin d’allaitement, ce qui permettait qu’il soit légèrement surélevé. On a « dormi » comme ça pendant 1 mois. Et vu que je l’allaitais, c’était non seulement plus rassurant pour lui, mais aussi plus pratique pour les tétées nocturnes.
Au bout d’un mois, on nous a donné un matelas proclive – acheté en pharmacie, donc très incliné, avec un harnais pour le maintenir – car il était de plus en plus gêné par ses reflux. Pas facile de s’y habituer au début, ni de voir son petit bouchon dormir quasiment debout. Mais à partir de là il a commencé à mieux dormir la nuit. Les siestes de la journée étaient toujours inexistantes (sauf dans l’écharpe) mais au moins la nuit il était plus serein.
Il a donc réintégré son lit. Mais son lit est resté collé au notre. Et il y est resté 6 mois.

Durant ces 6 mois, je n’ai jamais eu l’impression de mal faire. Ni moi, ni Monsieur Papa n’avions envie de le mettre dans sa chambre, si petit, si fragile et ayant tant besoin d’être prêt de nous, blotti dans notre chaleur.

La nuit je m’endormais en écoutant ses petits bruits, bercée par sa respiration. Quand il perdait sa tétine, je n’avait qu’à tendre le bras pour la lui remettre. Et je pouvais lui caresser le front ou la main quand il avait du mal à trouver le sommeil.

Je trouvais ça naturel. Ce qui me semblait moins naturel, c’était de le mettre tout seul dans sa grande chambre alors que je l’avais porté dans mon ventre pendant 9 mois. Mon entourage me disait souvent « ça serait mieux pour lui d’être tranquille dans sa chambre ». Tranquille dans sa chambre. Alors que pendant 9 mois nous ne formions qu’un. Comme si après ces 9 mois je devais lui demander d’être autonome et de se rassurer seul en un clin d’œil.

On est comme ça dans nos sociétés occidentales. On invente toutes les solutions possibles et imaginables pour poser Bébé et s’en « débarrasser » (pardon si je choque).

Les balancelles avec musique et petite brise, les transats suspendus qui mettent Bébé en position debout etc etc. Tout ça c’est le must des accessoires de puériculture. Alors que quand tu achètes une écharpe et que tu trimballes Bébé dedans toute la journée (la balancelle top moumoute qui fait le café, c’est même pas la peine, sauf si ta musique de fond préférée c’est les cris perçants), ton entourage te sort à tout bout de champs : « tu le couves trop tu vas le rendre capricieux » ou encore « pose le un peu il faut qu’il vive sa vie ». A 3 mois. Bin voyons.

Quand j’étais au Mali, je voyais les femmes avec les enfants en écharpe dans le dos EN PERMANENCE. Et pas parce qu’elle ne peuvent pas se payer la balancelle top moumoute qui fait le café, mais parce que pour elle c’est NATUREL !
J’ai eu l’occasion de parler de ces différences avec certaines de ces femmes. Quand je leur disais qu’en France les bébés dormaient quasiment des la naissance dans leur chambre (les bébés ont une chambre pour eux ??? Hein ?) et qu’on ne les porte qu’en cas d’obligation (quand Bébé pleure 36h par jour), elle m’ont regardé avec des yeux ronds. L’une d’elle m’a même demandé : « vous ne les aimez pas vos bébés ?? » Si on les aime. Mais on aime surtout quand ils ne pleurent pas trop, qu’ils dorment bien, qu’ils squattent pas notre espace vital en permanence même dans une écharpe,…

C’est exagéré je sais, je pousse volontairement la caricature.
Par chez nous, on est pas qu’une maman, mais aussi une femme, une épouse, une working girl. Et c’est important de réussir à concilier tout ça, au nom de l’épanouissement personnel. Et l’épanouissement de la femme n’est pas forcément une priorité au Mali. Mais là je parle surtout de maternage. Et ces mamans, sans même le revendiquer, sont maternantes. Et leurs enfants ne deviennent pas capricieux, ni insupportables, ni dépendant en permanence. Ils grandissent rassurés, sereins, proches de leurs parents, proches aussi des autres adultes (il faut tout un village pour élever un enfant…) et prêt à devenir des adultes autonomes et construits, et à prendre le relais.

J’ai vraiment du mal à comprendre qu’en France, quand une femme veut allaiter son Bébé, dormir avec lui et le porter au maximum, on la montre du doigt en la traitant d’intégriste. Alors que c’est juste naturel. La base même de la nature.
N’oublions pas que nous sommes des animaux. Et les lapins ne creusent pas un terrier à part pour leurs petits (l’image me fait marrer).

Moi je n’ai pas pu. Pourtant le terrier était creusé et aménagé.

Mais Monsieur Papa et moi étions d’accord sur le sujet. On voulait garder notre petit bonhomme près de nous le temps que ça nous semblerait nécessaire.
Et on ne l’a jamais regretté.

Quelques jours après ses 6 mois, on a trouvé le moment opportun pour le passer dans sa chambre (collée à la notre).

Il s’y est trouvé parfaitement bien et Monsieur Papa et moi étions ravis de retrouver notre intimité et de pouvoir à nouveau papoter ou lire le soir au lit sans risquer de le réveiller. Ce qui arrivait quasiment systématiquement les derniers soirs. Le moment était venu.
Depuis ce jour, il dort parfaitement bien. On a enlevé le matelas proclive et on a gardé une légère inclinaison avec un coussin sous son matelas.

Il dort 12h par nuit et le soir il s’endort tranquillement tout seul, serein. (pas taper). Comme ci ces mois passé près de nous l’avaient complètement convaincu que nous serions toujours là et que même dans sa chambre nous n’étions jamais loin de lui. (Et les saloperies de reflux ont disparus aussi. C’est d’ailleurs ça qui nous a vraiment sauvés)

Le plus important pour nous était d’écouter notre Bébé et de nous écouter nous avant tout, en laissant de côté les jugements des autres. Et on a eu raison.

zzzz

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