*Engagements*

Ma descente aux enfers…de la bouffe

Il y a maintenant 3 ans, ma famille (frères et parents) a traversé une véritable tempête. On ne s’en est d’ailleurs jamais vraiment remis puisque l’un de mes frères ne parlent plus à ma mère depuis – je le comprends tout à fait, si j’avais eu plus de courage j’aurais fait pareil – et mes parents sont aujourd’hui séparés. Ils auraient,d’ailleurs mieux fait de faire ça plus tôt et d’éviter de pourrir la vie de leurs enfants. Mais bon, c’est un autre débat.

Suite à cette tempête, dont le point de départ était une dispute débile la veille de mes 27 ans, mes parents ont déclaré une guerre ouverte à mes 2 grands frères. Menaces de mort, injures, harcèlement téléphonique (si si, c’est vraià, mesquineries en tout genre, etc etc. Tout y est passé.

Je me suis retrouvée au milieu de tout ça à faire le tampon et ce qui devait arriver arriva, j’ai perdu pied.
Comme je l’avais déjà vaguement expliqué, j’ai un lourd passé concernant ma relation avec ma mère. Et j’en souffre encore toujours beaucoup. Mon médecin me pousse à enclencher un travail psy pour digérer certaines choses et vivre mieux avec, mais je ne m’en sens toujours pas capable.

Cette tempête n’a donc fait qu’aggraver les choses.
Petit à petit je me suis renfermée sur moi même, je me suis coupée de mes amis et le seul plaisir auquel je succombais totalement et sans retenue c’était ma gourmandise. A tel point que je pensais en permanence à ce que j’allais pouvoir manger de bon dans la journée.

J’ai commencé à engloutir n’importe quoi et n’importe quand. Je mangeais comme pour me remplir et me réconforter. La nourriture me remplissait l’estomac et me réchauffait le cœur. A l’époque je vivais seule dans un petit appart un peu pourri et je n’avais que le travail pour me changer les idées. Et la bouffe.

Donc je mangeais. Je mangeais je mangeais je mangeais. Je me goinfrais devrais je dire. Tous les soirs devant ma télé c’était la fête de mon estomac.

Jusqu’au soir où après avoir englouti plus que de raison, moment, j’ai été prise d’un énorme dégoût. Et je n’ai pas pu faire autrement que de vomir.

A ce moment là je me suis dis que ça simplifierait les choses. Je pouvais engloutir tout ce que je voulais autant que je le voulais et ensuite je n’avais plus qu’à mettre 2 doigts dans ma gorge pour éviter de grossir.. et me purger.
Parce que dans ces moments là je me dégoutais. À telle point que je pleurais en me regardant dans la glace. Je m’insultais et me maudissais. Moi la personne qui avait été incapable de se faire aimer de sa propre mère.

Je me soulageais en mangeant puis je soulageais mon dégoût de moi même en vomissant. Le cercle est vite devenu vicieux. Et je flippais d’avance en pensant à la crise qui allait forcément arriver le soir.

Un jour au boulot, dans l’un de nos bureaux situé au 11ème étage d’une tour, je fumais une cigarette sur le balcon en regardant la ville sous mes pieds. Et là l’évidence m’est apparue : si je sautais, le calvaire était terminé.
A ce moment là je me suis pris une grande claque pourtant évidente. J’avais un problème. Un vrai.
J’ai regagné tranquillement le bureau et j’ai appelé mon médecin.

Des le lendemain je l’ai vu et durant les mois qui ont suivis il m’a été d’une aide précieuse. Sur son insistance, j’ai contacté un psychiatre pour entamer un suivi. La cata. Cet abruti m’a laissée poireauter dans la salle d’attente plus d’une heure et quand il m’a reçue sans s’excuser, il a fumé clope sur clope en m’écoutant à peine. Je n’y suis jamais retournée. Et j’ai abandonné l’idée d’être « suivie ».

Mon médecin généraliste faisait pour moi très bien l’affaire. A l’écoute, attentif, de bons conseils, c’est lui qui m’a permis de me sortir peu à peu de cet enfer. Lui et un traitement qui m’aidait à me sevrer de la bouffe à outrance. J’avais des nausées toute la journée donc impossible de manger beaucoup mais au moins ça s’est révélé efficace.

J’ai eu la chance de ne pas être dans une situation trop critique qui aurait nécessité une hospitalisation. Mon corps n’était pas encore en danger. Par contre mon mental l’était.

Aujourd’hui je peux dire que tout ça c’est du passé. Le boulot et mon entourage, toujours présent malgré mes tentatives d’éviction, m’ont permis de me raccrocher à quelque chose de solide et surtout à l’espoir..
Les galères familiales n’ont malheureusement pas cessé, mais j’ai trouvé l’équilibre que je cherchais avec mon homme et mon Bébé. Aujourd’hui ma véritable famille c’est eux et ils méritent que je sois heureuse et que je les rende heureux.

 

Parfois quand je me laisse un peu trop aller à ma gourmandise (qui elle a survécu), la honte rôde encore un peu. Mais je sais que je suis guérie et qu’aujourd’hui la bouffe n’est un problème que pour ma cellulite..

bouffe

 

Si cela peut aider certaines personnes à parler et à se libérer, alors je serai heureuse d’échanger sur le sujet. Ne restez pas seule avec ça, votre bonheur et votre bien être sont essentiels..

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