*Engagements*

Quand la nature se montre injuste.. ou la difficulté de devenir mère

Aujourd’hui j’ai longuement pensé à toutes ces femmes pour qui avoir un enfant relève du parcours du combattant.

J’avoue que jusqu’ici je trouvais ça dommage mais je me disais « c’est pas grave elles peuvent adopter » (ouais ça m’arrive d’être un peu stupide parfois). Et depuis que Monsieur Bébé est né, j’ai compris à quel point l’envie et le besoin de donner la vie peuvent être viscéraux. Je dis « peuvent être » parce que certaines femmes n’en éprouvent absolument ni l’envie ni le besoin. J’en connais. Et j’ai été de celle là pendant quelques années.

Aujourd’hui ça me parait incroyable.
Et l’injustice qui frappe certaines femmes me bouleverse.
Pour moi, avoir Monsieur Bébé a été tout ce qu’il y a de plus simple. J’ai arrêté la pilule, je n’ai pas focalisé plus que ça sur mes périodes d’ovulation, j’ai laissé la nature faire son travail et quelques mois plus tard le haricot s’est installé. Tout simplement.
Sauf que Dame Nature sait parfois se montrer injuste. Et il lui arrive de priver des femmes de ce bonheur banal mais au combien profond.

 

Un de mes amis est actuellement touché par cette injustice. Sa femme et lui espèrent très fort un heureux événement depuis plusieurs années, mais le sort en décide chaque fois autrement pour eux. Et malgré les tentatives de FIV, ils ne connaissent toujours pas le bonheur d’être parents.

Aujourd’hui sa douce a reçu l’implantation de deux embryons. Je supplie la nature de lui laisser la chance de vivre une belle grossesse jusqu’au bout et de pouvoir subir les nuits blanches, les pleurs du soir, les angoisses de maman.. Elle les vivra sûrement aussi mal que les autres mamans, mais en connaissant aussi la véritable valeur de ces petits maux, tellement anodins à côté de ceux qu’elle aura traversés avant..

 

Aujourd’hui j’ai discuté avec une partenaire associative, que j’ai l’occasion de côtoyer régulièrement dans le cadre du boulot. Elle m’a annoncé avoir réussi à obtenir l’agrément pour adopter un enfant. Quel bonheur pour elle !
J’ai appris par la même occasion qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfant suite à un cancer de l’utérus.

Je n’ai pu m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux. Elle a rit devant ma mine déconfite en me disant qu’elle avait fini par se faire à l’idée et que pour elle ça serait le même bonheur d’adopter que de « faire » un enfant.
Je n’en doute pas un seul instant. J’aimerai moi aussi adopter un jour et je suis sûre que j’aimerai cet enfant tout comme s’il sortait de mon ventre.
Mais si j’ai été prise d’une bouffée d’émotion c’est surtout parce que je trouve ça horriblement injuste.
Pour cause, une des jeunes en service civique de mon équipe – 22 ans et encore étudiante – est enceinte pour la 3ème fois. Elle me l’a annoncé en pleurant. Parce qu’elle ne veut absolument pas de cet enfant, comme elle ne voulait pas des 2 premiers. Elle va donc se retrouver maman pour la 3ème fois sans le vouloir. Parce que sa religion lui interdit d’avorter. Et le pire c’est qu’elle avait un stérilet et que pour ses 2 premiers elle prenait la pilule.

Le fait qu’elle ne veuille pas avorter la regarde. Je ne juge pas cela. Le papa assume, il travaille et ils forment une famille du mieux qu’ils le peuvent. Elle continue ses études et a des projets professionnels. Les enfants ont donc un foyer stable et sein.
Ce qui me révulse profondément c’est la détresse que j’ai lu dans les yeux de cette jeune femme, enceinte malgré elle, alors que tant d’autres luttent et luttent encore pour devenir mère.

 

J’ai la chance de ne rien connaître en PMA. Je n’en maîtrise ni le jargon ni les conséquences morales.


Mais en réfléchissant à tout ça je ne peux que deviner la difficulté de vivre une telle situation. Le rythme des rapports intimes calé sur le rythme d’ovulation, les examens médicaux, les déceptions quand le test est négatif, le regard sur soi même de plus en plus négatif parce qu’on ne parvient pas à se sentir femme à part entière…
Je ne peux m’empêcher de verser une larme en écrivant ces lignes. Tout cela ne devrait être qu’évidence pour chaque femme puis qu’étant soi disant la chose la plus naturelle au monde.

En rentrant chez moi ce soir j’ai serré mon petit bonhomme dans mes bras un peu plus fort que d’habitude.

Et j’ai décidé de me renseigner sur les démarches qu’il est possible de faire pour aider des femmes qui souhaiteraient connaître le bonheur d’être mère. Un don où quelque chose. Si vous savez ce qui existe n’hésitez pas à me laisser un message.

 

Je suis désolée pour la teneur larmoyante de ce billet, mais tout cela m’a vraiment touchée au plus au point aujourd’hui.
Parfois savoir que certains malheurs existent ne suffisent pas pour en prendre conscience. Connaître des personnes qui les traversent nous ramènent sur terre. Et moi qui prône chaque jour la solidarité dans mon métier et mes valeurs personnelles, je me refuse à faire l’autruche.

 

Je suis mère. Nous devrions toutes pouvoir l’être, si nous le souhaitons.

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