*Engagements*

Pourquoi j’ai peur que mon fils rentre un jour à l’école

Je ne souhaite pas créer de polémique. J’ai lu récemment des billets de parents fatigués de fournir de la paperasse à gogo, de voir leurs enfants crouler sous les devoirs et le poids du cartable, des grèves des enseignants qui eux souhaitent juste défendre leurs droits.
J’ai aussi lu les réponses des enseignants, lassés de se sentir attaqués dans leur statut et leur vocation. Comme s’ils avaient choisi ce métier par facilité.

Je ne suis ni d’un côté ni de l’autre. Mon fils ne va pas encore à l’école donc je ne me projette pas encore dans cette situation. Mais mon métier me met en relation fréquente avec la sphère de l’éducation nationale.
Et oui je l’avoue, j’appréhende le jour où mon fiston rentrera dans cette grosse machine dont il ne ressortira pas avant quelques années.

J’ai peur pour plusieurs raisons :

je suis contre les devoirs à la maison. Je sais que cette question fait débat mais pour ma part je suis complètement contre. Quelques éléments à revoir chez soi et de la lecture pourquoi pas. Mais 1 ou 2h de travail le soir c’est complètement aberrant. Cela creuse les inégalités face à la réussite scolaire. Beaucoup de parents ne sont pas aptes à faire face à cette masse de devoirs. Parce que oui les devoirs il faut les vérifier, les surveiller et aider nos bambins dans leurs difficultés.

devoirs-scolaires

je suis contre les notes à l’école élémentaire. Je vous entends me huer..
Mais oui je suis CONTRE. En fait je suis contre tout ce qui creuse les inégalités. Les notes jouent un rôle de pression chez les enfants. Cela mène à la compétition. Je préfère les appréciations et les « acquis » ou « non acquis », mais les notes ça rend la peur de l’échec palpable et creuse le manque de confiance et l’estime de soi. J’ai une mauvaise note = je suis nul.

je veux que mon fils apprenne à son rythme. Or il est impossible dans une classe de 25 élèves de respecter le rythme de chacun. Ni de travailler au cas par cas sur les difficultés de chaque enfant. La encore je ne remets pas en cause les compétences des enseignants. Mais les classes sont surchargées, c’est un fait.

je veux que mon fils soit considéré comme un individu à part entière et pas seulement comme un élève qu’il faut remplir de savoir.
On arrivera à ça quand l’éducation nationale arrêtera de former ses enseignants comme des délivreurs de savoir. Mais bien comme des éducateurs qui peuvent faire grandir nos enfants et leur apprendre les savoirs académiques de façon ludique (la pédagogie ça s’appelle).

pedagogie_reussite

je ne veux pas que mon fils apprenne dans la crainte de la mauvaise note ou de la punition. Je veux qu’il apprenne avec un minimum de plaisir et qu’il comprenne que l’échec fait partie de l’apprentissage. Que s’il échoue parfois ce n’est pas parce qu’il est nul ni idiot. Que ce n’est pas pour autant qu’il n’arrivera à rien dans la vie. Je ne veux pas qu’il manque de confiance en lui. Je veux qu’il s’estime un minimum.

Je ne tire pas à boulet rouge sur les enseignants qui se débattent autant qu’ils le peuvent dans le magma compacte et oppressant de l’éducation nationale.
Pour les côtoyer au quotidien, je reconnais leurs compétences, leur valeur et parfois même leur véritable engagement. Bosser avec eux est la plupart du temps un vrai plaisir. Ils sont avides de partenariats qui aideront les enfants qui en ont besoin et qui feront évoluer leur école et son projet.
Mais malheureusement ils ne sont vraiment pas aider par leur ministère de tutelle..

Pour tout cela, j’appréhende le jour où mon fils rentrera à l’école.
Et je sais déjà que je serai une maman d’élève un chouia chiante.. 😉

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10 réflexions au sujet de « Pourquoi j’ai peur que mon fils rentre un jour à l’école »

  1. Etant donné que le système scolaire ne changera pas du jour au lendemain, je me dis que c’est à nous, les parents, d’expliquer à nos enfants qu’il ne faut pas se mettre autant de pression. A nous de leur dire qu’une mauvaise note n’est pas une catastrophe, qu’on peut revoir ensemble pourquoi il n’a pas réussi, de mettre l’accent sur ses forces, etc…

  2. Pour toutes ces raisons et parce qu’une école Montessori a ouvert dans notre ville, notre fille y est accueillie depuis une semaine. 13 enfants pour deux adultes, moins rigide, apprentissage bien plus ludique… et tout un ensemble qui fait que nous somems confiants et pensons que de cette façon, ce serait fait au mieux pour elle! Par contre, école privée sans contrat donc intégralement à la charge des parents, c’est un investissement…

    1. J’aimerai aussi…
      Mais ça me dépasse de devoir payer pour une « bonne » scolarité. Ça devrait être accessible à tout le monde !!
      En France on marche sur la tête…

    1. Si ce se trouve le temps que Didou rentre à l’école, ça aura changé… Enfin j’espère ! Sinon on flippera ensemble ! 😉
      (Je voyais pas trop ou mettre une fleur dans les dessins que j’ai utilisé.. Mais je me rattraperai hein !!)

  3. pour avoir tenté le CRPE et avoir des amies prof, pour bosser en collège et donc côtoyer des profs, de par mon expérience personnelle…je suis tout à fait d’accord avec ce que tu as écris (hormis le fait que trop de profs ne sont pas terribles dans leur métier….mais là n’est pas le débat!). J’ai peur aussi de toutes ces choses, cela et d’autres, mais surtout je sais que je devrais me « battre » avec Papageek qui n’a pas la même vision des choses, pas le même vécu et pas les mêmes attentes….

  4. La pédagogie ne devrait pas être réservée aux (ou déversée sur les) professeurs à mes yeux, tout comme la morale… Ça c’est avant tout le rôle des parents!! Bien sure, il faut qu’ils en usent, mais pour qu’un enfant comprenne l’importance d’être pédagogue et d’acquérir un sens de la morale, il faut qu’il y soit préparé et confronté dés le plus jeune age! Les parents DOIVENT poser les bases! Si un enfant découvre à son arrivée en maternelle qu’il y a des règles en communauté, et que les adultes font les choses qu’ils font parce qu’ils doivent les faire par respect pour les autres, alors à mes yeux il est déjà trop tard! Comment un inconnu peut-il expliquer à un enfant en 1 an ce que ses propres parents n’ont pas réussi à expliquer en 3…? Les parents doivent aussi poser les bases d’une éducation, avant même que les instituteurs ne prennent le relais.

    Beaucoup d’enfants arrivent à l’école turbulents, violents, très capricieux, ou même hors de la réalité de la vie en communauté, puisque leurs parents ne les y ont jamais confronté… Et ça, je suis désolé mais ce n’est pas le fardeau des professeurs, eux ils ne peuvent que remonter l’info jusqu’aux parents, puisqu’ils n’ont plus le droit d’intervenir comme c’était le cas il y a quelques décennies… Je connais beaucoup de professeurs des écoles qui se plaignent d’un phénomène récurrent: Lorsqu’ils mettent un mot dans le carnet d’un enfant pour rencontrer les parents, ils ont principalement deux réactions.

    1°) Je ne comprend pas, à la maison il est sage (…)
    2°) De quel droit vous punissez mon enfant? (encore pire…)

    Après je suis d’accord, il y a des tonnes et des tonnes de problèmes à tous les niveaux de la scolarité en France, mais hey, lorsque les professeurs descendent dans la rue pour crier à l’aide et demander du changement dans des programmes totalement incohérents, qui les suit…? Pas tout le monde, voir très peu d’entre nous, alors remettons nous en question avant de remettre en question la société… Sinon il ne faut pas s’étonner de la détérioration des programmes scolaires! Cleophis a touché au nœud du problème à mon avis, le rôle des parents dans l’éducation des enfants… La clé se trouve ici avant tout, et pas dans des réformes (même si elles seraient vraiment bienvenues, je vous l’accorde…)

    Votre article est très bien construit et tout a fait légitime et vos inquiétudes sont celles de beaucoup d’autres, mais à mes yeux il ne s’attaque qu’à la partie visible de l’iceberg… Les tonnes de devoirs, les sanctions, les notes sélectives etc. ne sont qu’un moyen rapide de « gérer » un problème ingérable de la manière dont nous nous y attaquons… La première chose serait de rétablir des études après les cours, permettant aux élèves en difficulté et n’ayant pas la possibilité d’être aidé à la maison de trouver un soutien, et pour cela il faut plus de professeurs! Il faut aussi que les parents soient prêt à s’investir, peut être en essayant d’organiser des études hors de l’école…

    PS: A mon époque, nous étions parfois pas loin de 30 par classe en primaire, et tout se passait bien, beaucoup d’entre nous ont fait de longues études, alors que mon école et mon collège étaient situés dans une ZEP, en plein cœur du 93… On a eu que très peu d’événements graves, mais il y aura toujours des violences à l’école, des comportements irrespectueux et des mauvais élèves… L’important est de tirer le mouvement vers le haut, et tout le monde doit aller dans le même sens pour cela, on ne peut pas se décharger sur les profs de plus en plus, et s’étonner que les élèves soient de moins en moins bons…

    PPS: »La mode d’aujourd’hui? Avoir un portable en primaire (pas pour la sécurité, mais pour les textos avec les copains/copines), s’habiller fashion (et critiquer celui qui ne l’est pas), avoir pleins d’amis sur facebook (et rejeter celui qui n’en a pas), vouloir devenir comme Nabilla (et ignorer celui qui a d’autres standards) etc… On est dans le culte de l’enfant roi, qui choisit lui-même de se confronter au monde de la manière dont il le veut, en acceptant les bons cotés et en évinçant les mauvais. Ce sont des choses de grandes personnes (bien souvent stupides d’ailleurs), et les enfants ne devraient pas y être confrontés, puisqu’ils n’ont aucune idée de ce que cela incarne vraiment, et des problèmes sociétaux qu’elles induisent… »

    On est dans l’ère de la réussite individuelle, qui permet à toutes sortes de folies d’exister, alors c’est à tout le monde, et SURTOUT aux parents et aux adultes responsables d’inverser la tendance!! Les professeurs ne peuvent que soutenir cet effort, ne prenons pas le problème à l’envers…

    Désolé pour le pavé… Bon courage pour la suite! 🙂

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