*En famille*

Un cadeau inattendu – ou comment découvrir sa grossesse

Je ne t’ai jamais raconté cette anecdote !
Pour ton plaisir et celui de Monsieur Bébé dans quelques années quand il lira ce billet, je répare cet oubli.

On est le mardi 21 juin 2011. C’est l’anniversaire de chéri.
Problème, on s’est engueulé très fort la veille, donc on boude chacun dans notre coin (pas très sympa le jour de son anniversaire. Je ne me souviens plus de la raison de l’embrouille mais il le méritait sûrement. Il sait être relou hein !).
Je pars bosser comme d’habitude. Chéri ne bossait pas ce jour là.

Il est 16h, j’ai rendez vous avec un directeur d’école pour parler d’un projet. Tout se passe bien. On discute, le rdv s’éternise. Tout à coup je me sens mal. Comme l’impression que je vais m’évanouir. Je lutte pour garder une certaine dignité en restant bien droite sur ma chaise et en continuant à plaisanter. Le rdv prend fin. Je me sens mieux à l’air frais.

Je dois me rendre à une réunion à 18h dans un collège pour un bilan de projet. Sur le chemin j’appelle chéri pour lui expliquer ce qu’il m’est arrivé (et hop réconciliation rapidos). Je lui dis que je passe à la pharmacie chercher un test de grossesse. Je ne sais pas pourquoi je sens qu’il se passe quelque chose. Je ne me l’avouais pas mais depuis plusieurs jours je sentais quelque chose de bizarre en moi.
Je le sens sourire au travers du téléphone. Son sourire me fait sourire.

J’achète le test et je file en réunion. J’ai du mal à me concentrer. Je ne pense qu’au test qui est là dans mon sac. La réponse à mes questions. Ou pas…

Je rentre à la maison. Il est 20h. Je file aux toilettes.
Je fais pipi sur le test. J’attends. 2 barres apparaissent. Je suis enceinte.
La panique s’empare de moi.
Je sors des toilettes et je lance à chéri qui m’attendait dans le salon « c’est positif !« . Il sourit. Je crie « mais ne souris pas je te dis que c’est positif ! Qu’est ce qu’on va faire !!« . Il me répond « bin on va avoir un bébé« . Gloups

Le lendemain je dois partir en déplacement professionnel à Barcelone, pour le regroupement annuel des salariés de mon association. Je pars 3 jours et 2 nuits. Impossible de voir le médecin entre temps. Je dois donc prendre mon mal en patience.
Je pars le cœur gros. Je laisse mon homme qui lui a le cœur léger et les yeux qui brillent.

Je suis à Barcelone. C’est les feux de la Saint Jean. Mes collègues sont fêtards, je devrais en profiter et m’éclater. Mais impossible. Mes pensées sont centrées sur mon ventre. Je n’arrive pas à penser à autre chose. Je dois inventer des excuses pour justifier mon choix de boire de la limonade plutôt que des mojitos (gratuits et à volonté en plus. Aaaaarg). Je dis que je prends un traitement antibiotique. Je mens bien apparemment.

J’appelle chéri. Je lui dis que je veux profiter du week end pour discuter de tout ça. Il me répond qu’il doit bosser. Je me mets en colère : comment peut il prendre une décision si importante à la légère, alors que nos vies entières sont impliquées ? C’est simple, pour lui c’est une évidence, il veut ce bébé, il se sent déjà papa.
Je raccroche le cœur gros. Je lui en veux de ne pas me comprendre. Je suis perdue. Désemparée. Complètement flippée.

Je rentre à la maison après 3 jours qui m’ont semblés interminables. On est vendredi soir. Je dois attendre lundi pour voir mon médecin.
Le week end s’étire, sans fin. Chéri bosse quasiment tout le temps. Je ressasse mes angoisses. Il tente vainement de me rassurer. J’ai besoin de voir mon médecin et de connaître les alternatives possibles.

Je prends rdv le lundi à la 1ère heure.
Je demande au médecin quels sont mes choix. Il me parle grossesse et avortement. L’avortement médicamenteux me terrifie.
Il me fait une ordonnance pour une prise de sang et me dit de revenir le voir après. Je file au labo. Je suis habitée par tout un tas de sentiments complètement contradictoires.

En fin d’après midi je vais chercher les résultats. Je n’ai quasiment pas pu bosser de l’apres midi. J’étais fébrile, dans un état second. Je passais du rire aux larmes. De l’angoisse à l’euphorie.

J’ouvre l’enveloppe avec le résultat. C’est positif. Je fonds en larmes. Heureuse. HEU-REU-SE.
Je retourne voir mon médecin. Je ne veux même plus entendre le mot avortement. Je veux commencer le suivi de grossesse. Il sourit.

Je retrouve chéri. Nous sommes heureux. Notre vie de famille commence. Notre rêve se réalise.

Je m’en veux encore aujourd’hui d’avoir paniqué. D’avoir même ne serait ce qu’envisager de mettre un terme à ma grossesse. J’ai paniqué. J’ai eu peur de devenir la même mère que la mienne. Mais je tiens enfin ma revanche sur la vie. Je suis heureuse tout simplement. Nous sommes heureux, ensemble.

bidon

naissance

La vie est belle hein ?

Ce billet est dédicacé à ma copine LN, qui vient de mettre au monde sa merveilleuse Wonder Poupée. Elles m’ont donné envie de me replonger dans ces souvenirs.. Profite de ton bonheur ma douce. Je vous aime. (E-tata Alex)

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18 réflexions au sujet de « Un cadeau inattendu – ou comment découvrir sa grossesse »

    1. Au départ on voulait mais comme ça ne venait pas on a réfléchi et on a décidé d’attendre encore un peu. Le temps que chéri lance sa boîte. Et finalement il est arrivé par surprise !!!

  1. C’est normal comme réaction, ne t’en veux pas. Si ça peut te rassurer, j’ai sacrément paniqué, pour le cinquième! Ca n’ a duré que peu de temps, mais intense! Pour le premier ( les 2 ont été de grosses surprises!), j’avais carrément fait un black out de plusieurs heures après le test…

  2. fiou, j’ai le droit de fondre? Allez je fonds :’), il est magnifique cet article, ça m’a rappelé le jour où on a fait le test <3, et j'ai souris, ça fait tellement de bien de se rappeler ce genre de moment agréable en fin de journée ^^.
    Mirki ( désolé pour cette phrase à rallonge je suis un peu naze :/)

  3. j’ai une amie qui est tombée enceinte par « accident »… elle ne voulait pas du bébé, sa mère ne voulait pas qu’elle le garde… seul le père du bébé le voulait, ce bébé… pendant 2 ou 3 mois ça a été ça… puis au fil des mois, des sentiments, des émotions… c’est aujourd’hui un magnifique petit gars d’un peu plus d’un an… 🙂 panique quand tu nous tiens! 😉

    1. Pas facile a gérer ce sentiment de panique. Cette peur de ne pas être a la hauteur. Cette crainte égoïste de voir notre vie nous échapper. Mais heureusement pour moi ça n’a duré que quelques jours. (Même si après c’est l’angoisse d’être une mauvaise mère qui a pris le dessus)

  4. Une belle histoire malgré tout!
    La panique j’ai connu. L’idée de mettre un terme à la grossesse également. Pour la 2ème j’y ai pensé….et encore maintenant je m’en veux.
    Mais je sais que le principal est l’amour qu’on leur porte et oui la vie est belle, bien trop pour ressasser et se faire du mouron!

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